Le Fabularium
Illustration de Anubis

Créature du Bestiaire

Anubis

public

Origine

Égyptien

category

Type

Spirituel

warning

Danger

Neutre

eco

Le seigneur des nécropoles

Anubis — Inpu ou Anpu en égyptien ancien — est le dieu funéraire à tête de chacal (ou de chien sauvage) de la mythologie égyptienne. Sa peau est représentée en noir, non pas la couleur de la mort dans la pensée égyptienne, mais celle de la terre fertile du Nil et de la résine d'embaumement — le noir est donc ici couleur de renaissance et de préservation. Anubis est l'un des dieux les plus anciens du panthéon égyptien : dans les Textes des Pyramides (vers 2400 av. J.-C.), il est déjà le maître incontesté du monde des morts, avant d'être progressivement supplanté par Osiris dans ce rôle.

Sa généalogie varie selon les sources. Dans la tradition la plus ancienne, il est le fils de . Dans les récits plus tardifs, il est le fils illégitime d'Osiris et de Nephthys, abandonné à la naissance et recueilli par Isis, qui l'éleva comme son propre fils. C'est cette version qui prévaut dans la mythologie classique : Anubis, fils du dieu des morts, devint naturellement le gardien des rites funéraires.

Pesée du coeur et embaumement

Anubis remplit trois fonctions essentielles dans la religion égyptienne. Premièrement, il est l'inventeur et le patron de l'embaumement. Selon le mythe, c'est lui qui embauma le corps d'Osiris après que Seth l'eut assassiné et démembré — le premier embaumement de l'histoire mythique, qui servit de modèle à tous les suivants. Les prêtres embaumeurs portaient un masque d'Anubis pendant les rituels, incarnant littéralement le dieu.

Deuxièmement, Anubis est le psychopompe — le guide des âmes. Il conduit les défunts à travers le Douât (le monde souterrain) jusqu'à la Salle des Deux Vérités, où se déroule le jugement. Là, il remplit sa troisième fonction : il supervise la pesée du coeur. Le coeur du défunt est placé sur un plateau de la balance, et la plume de Maât (la vérité et la justice) sur l'autre. Si le coeur est plus léger que la plume — signe d'une vie vertueuse —, le défunt accède à l'au-delà. S'il est plus lourd, il est dévoré par Ammit, la dévorante.

Un dieu étonnamment proche

Anubis est remarquable par sa bienveillance constante. Contrairement à de nombreuses divinités funéraires d'autres cultures, il n'est jamais menaçant ni vengeur. Son rôle est d'accompagner, de protéger et de garantir un jugement équitable. Il est le dieu vers lequel se tournaient les Égyptiens non pas avec terreur, mais avec espoir — l'espoir que leurs morts seraient traités avec dignité et que justice leur serait rendue.

Dans la culture contemporaine, Anubis est devenu l'une des figures les plus reconnaissables de l'Égypte ancienne, aux côtés des pyramides et du sphinx. Sa silhouette — corps humain, tête de chacal, posture hiératique — est instantanément identifiable et fascine par sa fusion entre l'humain et l'animal, le sacré et le funèbre. Il incarne une conception de la mort profondément étrangère au monde occidental : non pas une fin, mais un passage soigneusement orchestré vers une existence nouvelle.