Créature du Bestiaire
La Banshee
Origine
Celte
Type
Spirituel
Danger
Dangereuse
La messagère de la mort
La Banshee — du gaélique bean sídhe, littéralement "femme du tertre féerique" — est l'une des figures les plus redoutées du folklore irlandais. Elle appartient au peuple des Tuatha Dé Danann, les anciens dieux d'Irlande qui, après leur défaite face aux Milésiens, se retirèrent dans les collines creuses (sídhe) pour devenir le Petit Peuple. La Banshee est un esprit féminin attaché à certaines grandes familles irlandaises — traditionnellement celles dont le nom commence par "O'" ou "Mac" — et son rôle est d'annoncer la mort imminente d'un membre du clan par ses lamentations (keening).
Son cri, le caoine, est décrit comme un gémissement si déchirant qu'il glace le sang et fait trembler les murs. Certains témoignages le comparent au hurlement du vent dans une cheminée, d'autres à un mélange de pleurs d'enfant et de cris de chouette. Quiconque l'entend sait qu'un proche va mourir — parfois dans les heures qui suivent, parfois dans les jours.
Apparences et manifestations
La Banshee se manifeste sous plusieurs formes. La plus courante est celle d'une vieille femme en haillons, aux longs cheveux blancs défaits, au visage émacié et aux yeux rougis par des siècles de pleurs. Mais elle peut aussi apparaître comme une jeune femme d'une beauté surnaturelle, vêtue de blanc ou de gris, peignant sa longue chevelure avec un peigne d'argent — trouver un tel peigne et le ramasser est présage de malheur. Dans certaines régions du Munster, elle prend la forme d'une lavandière spectrale (bean nighe) qui lave des linceuls ensanglantés au bord d'un cours d'eau.
La tradition distingue parfois la Banshee bienveillante, qui pleure par amour sincère pour la famille qu'elle protège, de la Banshee malveillante, dont le cri est chargé de haine et de rancune envers ceux qui ont offensé les siens de leur vivant. Dans le premier cas, son apparition est un avertissement compatissant ; dans le second, une malédiction.
Héritage et persistance
La croyance en la Banshee a survécu bien au-delà du Moyen Âge et reste vivace dans l'Irlande rurale. Des témoignages de "cris de Banshee" ont été rapportés jusque dans les années 1950, et l'expression "to wail like a banshee" est passée dans l'anglais courant. La Banshee incarne la relation intime que la culture celte entretient avec la mort — non pas comme une fin brutale, mais comme un passage annoncé, accompagné, ritualisé. Elle est aussi le reflet d'une société où les femmes tenaient le rôle de pleureuses professionnelles (keeners) lors des funérailles, une tradition que l'Église catholique tenta longtemps de supprimer. La Banshee est, en quelque sorte, la pleureuse ultime — celle que même l'Église ne peut faire taire.